Qui sont Wichís ?
Il s’agit d’un peuple autochtone vivant dans la région du Chaco en Amérique du Sud.
Mode de vie
Les Wichis étaient un peuple nomade qui vivait de la pêche, de la chasse et de la cueillette. Les cycles de la nature leur servaient de repère, et la terre et ses richesses constituaient leur patrimoine.
Au XVIe siècle, les Wichis adoptèrent un mode de vie presque entièrement sédentaire, avec des habitations et des villages installés le long des rivières.
Ils formèrent des communautés de parenté, chacune administrée par un chef âgé et un conseil d’hommes qui gouvernaient chaque village. Différentes communautés ou groupes de parents formaient des subdivisions.
Ils vivent principalement en Argentine et, dans une moindre mesure, en Bolivie. Avant la guerre du Chaco, certains groupes étaient également présents au Paraguay.
langue
La langue wichí (aussi appelée mataguayo, matako ou wichí-lhamtés) est parlée depuis des milliers d’années par le peuple wichí.
La langue wichí fait partie de la famille linguistique mataguaya, un ensemble de langues autochtones propres au Chaco, une vaste région de forêts sèches. Les chercheurs pensent que cette famille linguistique s’est développée il y a plusieurs millénaires, bien avant l’arrivée des colons européens.
Il existe plusieurs variantes du wichí, selon les communautés et les régions. Même si elles se comprennent en grande partie, chacune possède ses propres particularités de prononciation et de vocabulaire.
Traditionnellement, la langue wichí se transmet à l’oral, dans les familles, lors des rituels et à travers les histoires racontées aux enfants. Pendant longtemps, il n’y avait pas d’écriture standardisée, et chaque mission ou institution utilisait un système différent pour transcrire les sons.
Depuis quelques décennies, des linguistes et des leaders wichí travaillent ensemble pour normaliser l’écriture, créer des dictionnaires, des manuels scolaires, et enseigner la langue dans des écoles bilingues interculturelles.
Techniques artisanales
La récolte du chaguar est une activité exclusivement féminine. Les femmes se rendent en petits groupes dans les montagnes pour cueillir, couper, filer, teindre et tisser les feuilles. Les Wichis savent précisément où trouver le chaguar. Sur chaque chaguaral, elles sélectionnent uniquement les plantes de taille et de qualité appropriées.
Elles sélectionnent les feuilles, enlèvent les épines et les épluchent, séparant ainsi les fibres de l’enveloppe extérieure. La fibre est ensuite nettoyée par broyage, grattage et trempage répété dans l’eau.
Une fois propre, elle est séchée au soleil pendant un jour ou deux. Le filage se fait en assemblant plusieurs brins et en les tordant d’un mouvement rapide des mains sur la cuisse. Une fois la fibre filée et le fil obtenu sur plusieurs mètres, des pelotes sont formées.
Le fil est teint avec différentes teintures (noir, brun, gris et rouge étant les plus courantes) préparées à base de plantes de montagne. Enfin, le tissage est réalisé.
Les Wichis tissent leurs yicas sous forme de mailles serrées, à l’aide d’une épaisse aiguille en bois, de deux bâtons plantés dans le sol et d’un fil tendu entre eux. Ils réalisent d’abord un premier rang de mailles, avec le nombre de mailles nécessaires pour la taille de la yica souhaitée. Puis, ils font un second rang en croisant les fils de manière à laisser les mailles ouvertes sans serrer le nœud.
Les motifs typiques qu’ils tissent, combinant différentes couleurs, portent des noms tels que « codos », « dos d’autruche », « écaille de tortue », « cuir de lampalagua », « fruits de doca », « doigt de carancho », « patte de corrzuela », « pied de perroquet », « cuir de yarará », « pied de renard », « poitrine de pic ».